01.10.2008

Boulet de plomb: Hommage aux disparus

La cérémonie des boulets de plomb continuent avec l'habituel hommage aux personnalités qui nous ont quitté. Exceptionnellement, vous aurez le droit d'être heureux de ces disparitions et de les applaudire.

 

Enjoy!

 


Boulet de plomb: Et les nommés sont...

Aujourd'hui, débute une grande remise de prix pour les hommes et femmes politiques français. Je vais vous proposer plusieurs nominés dans différentes catégories de prix et ce sera à vous de choisir, à votre avis, qui mérite de se voir décerner le Boulet de plomb (Appelé également le Jean-Kévin).

 

La catégorie d'aujourd'hui est:

La meilleure phrase/déclaration prononcée par un homme/une femme politique

 

Et les nommés sont:

 

  • Ségolène Royal pour sa vibrante interprétation de "Fraternité! Fraternité!" le 28 septembre 2008.
  • Nicolas Sarkozy et son révélateur "Le gouvernement est sans doute l’endroit le moins propice à la réflexion".
  • Jacques Chirac pour son antédiluvien, mais toujours jouissif "Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent".
  • Hervé Morin pour son paradoxal "Les choses ne se résument pas au seul envoi de troupes en Afghanistan", le 25 mars 2008.
  • Christine Lagarde et son prophétique "Le gros risque systèmique [...] est derrrière nous", le 20 septembre 208, en parlant de la crise financière.

 

 

 

Comme l'indique le nom du prix, il s'agit bien de voter pour la citation qui vous semble la plus drôle, la plus inappropriée, la plus ridicule. Vu la nature de ce blog, ça semble évident, mais je préfère le préciser.

 

A vous de voter, braves gens!

Qu'on arrête de prendre les Internautes pour des délinquants!

 

Entre la question de la crise financière, les déboires au Parti socialiste et la politique politicienne, certains événements passent totalement inaperçus dans l’actualité ces temps-ci. Je suis aussi coupable que les autres, puisqu’après tout, mis à part quelques petites fanfaronnade sur la stérilisation des enfants ou la volonté de couper les immenses oreilles de Dany Boon, je n’ai fait que parler de ces thèmes, ou presque.

 

 

 

Je souhaite donc revenir sur un événement majeur, pour nous, internautes, et qui n’a pas reçu la médiatisation qu’il méritait. Et ce dont je parle, c’est l’HADOPI.

 

 

 

J’avoue, tout de suite, que ce sujet m’était totalement passé sous le nez, je n’en avais que très peu entendu parler et si je l’aborde dans cette note, c’est parce qu’hier, j’ai visité un bon nombre de blogs de sympathisants ou d’adhérents du Modem qui relatent, pour beaucoup, de cet acronyme barbare d’HADOPI. Et puis, comme je veux faire plaisir à mon lecteur, oui, TOI, lecteur, je me devais de me fendre d’un article à ce sujet. Selon mon fichier Germaine (La cousine de l’autre), il s’avère qu’un bon nombre de lecteurs de ce blog naissant soient des sympathisants d’un certain François du Béarn (Et ouais, z’êtes fichés!).

 

 

 

Donc, où en étais-je? Ah oui, POMME D’API!

Au vu de l’hypothèse évoquée juste au-dessus, selon laquelle vous êtes tous des centristes (Bouuuuuh!), je ne devrais pas vraiment expliquer ce qu’est TATAMI, mais je vais quand même le faire, puisque je sais qu’il y a au moins un ou deux lecteurs de ce blog qui sont fanatiques du petit Nicolas. Il convient donc de leur faire un topo de ce dont il s’agit, vu que personne ne leur en a parlé pour ne pas casser leur mythe sur le (très) petit père du peuple français.

 

 

 

Alors, PANZANI (Je commence à sécher), c’est le nom de l’autorité qui sera en charge de couper les connexions Internet des méchants adeptes du peer-to-peer. Et oui, vous l’aviez sûrement oublié, mais il y a quelques mois, le gouvernement avait débarqué avec un nouveau plan pour lutter contre le téléchargement illégal. Ce plan, si je me souviens bien, était constitué de plusieurs volets répressifs à l’encontre du diabolique Internaute, ce qui s’appelle de la riposte graduée. Je vous avoue que j’ai légèrement la flemme de rechercher les différentes punitions que l’Oncle Jean (Pourquoi seuls les Américains auraient un oncle?) pourraient infliger à ceux qui s’adonnent au téléchargement. Mais, si je me souviens correctement, la riposte allait d’une tape sur les doigts à l’amende, en passant par la fameuse coupure de connexion. La différence avec les lois précédentes protégeant le contenu culturel est que ces punitions seraient, en fait, automatiques. Il n’y aurait pas de procédures judiciaires et les méchants Internautes seraient tout simplement punis sans autre forme de procès.

 

 

A la limite, même si j’avoue m’adonner aux cérémonies satanistes du peer-to-peer, la méthode ne me choque pas énormément. Cela me rappelle les radars automatiques. Quand les grosses boîtes t’attrapent, tu reçois l’amende et, hop, l’affaire est dans le sac. C’est plus ou moins la même chose ici: des experts en informatique sont par centaines dans des hangars et surveillent Internet pour te choper toi, misérable idiot qui a téléchargé l’hymne de la Star Academy (Attention, la loi précise que si les chansons téléchargées sont pourries, il y a double peine). On se fait choper, point-barre. Certes, au niveau du droit, la riposte graduée me semble assez contestable, mais c’est également la même chose pour les excès de vitesse: au bout d’un certain nombre, le permis du coupable n’a plus de points, et on le lui sucre. Mine de rien, ça m’a l’air d’être une sorte de riposte graduée...

 

 

Vous devez vous dire que, pour l’instant, je n’ai pas été vraiment très intéressant? Et tu as raison, lecteur! Ce qui me motive, ce n’est pas non plus les déclarations de Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP, qui ont déclenché de véritables levées de boucliers. Après tout, ça fait déjà presque une semaine que j’ai dit sur ce blog que Frédéric Lefebvre fait partie des plus grandes saletés de la scène politique française.

 

 

 

Non, l’objet de cette note concerne le but de cette loi, appelée Création et Internet (Je ne l’avais pas encore précisé). Premièrement, je m’interroge sur une telle loi qui me semble relever de Mathusalem. Est-ce vraiment une loi adaptée à notre ère numérique? J’ai l’impression que ceux qui ont pondu cette loi ne se rende pas vraiment compte du défi qu’ils ont en face d’eux. D’une part, mettre en place une telle loi devrait avoir un coût non négligeable, puisqu’il faudra bien mettre des moyens techniques importants pour que la surveillance des Internautes soit efficace. J’ai l’impression d’être un Jean-Pierre Pernaut du temps de Combien ça coûte, mais n’est-ce pas un gaspillage de l’argent public dans le but de protéger des intérêts privés? De l’argent, la France n’en a plus des masses et il faudrait le consacrer à une tâche aussi mineure que la surveillance des échanges peer-to-peer sur Internet. Cela m’intrigue, car je doute vraiment du fait que les revenus des taxes sur les produits culturels (TVA à 5,5%, non?) soient si mirobolants qu’il faille les protéger à tout prix et, donc,  je m’interroge sur la raison réelle d’un tel ramdam.

 

 

 

A mon humble avis de paranoïaque, j’y vois plus une volonté de protéger les différents grands groupes du monde culturel. La Star Academy fait un bide, il ne faudrait pas, en plus, que ces salopios d’Internet leur piquent une partie de leurs rentrées d’argent. Johnnnnny Halliday a assez d’argent pour s’installer en Suisse, faire des travaux monstres dans sa baraque et revenir en France sans y avoir habité, mais, pourtant, on sait tous qu’il est sur la paille. J’en passe et des meilleurs. En substance, ce que je me demande, c’est si les artistes sont vraiment si pauvres que ça...

 

 

J’admets volontiers que le téléchargement illégal peut “gêner” des artistes, mais absolument pas empêcher ou détruire une carrière. Si un artiste ne vend pas ses disques, ce n’est pas à cause du téléchargement. Non, c’est juste parce qu’il est mauvais. Et oui, il faut arrêter de diaboliser les adeptes du peer-to-peer: ce n’est pas parce qu’ils téléchargent qu’ils ne donnent pas de l’argent à leurs artistes préférés. Personnellement, j’ai téléchargé, j’ai aimé, j’ai acheté. Ce n’est peut-être pas le comportement le plus fréquent, mais quid, par exemple, d’un groupe comme Radiohead qui propose son dernier album en téléchargement dont le prix est fixé par celui qui télécharge? Et, contrairement à ce qu’on pense, Radiohead a gagné plus d’argent de cette manière qu’en passant par les circuits habituels. Pourquoi? Evidemment, parce qu’aucun intermédiaire n’est venu se goinfrer au passage, et, également parce que les Internautes ont payé! Et oui, ces criminels en puissance n’ont pas téléchargé cet album sans rien payé, comme des sagouins. Il faut croire qu’ils ne sont pas si mauvais que ça, et aussi qu’ils sont vraiment fan. En effet, pourquoi les maisons de disque ne sont pas super jouasses? Tout simplement en raison du fait que les derniers artistes lancés font moins recettes qu’auparavant et c’est là, il me semble, le principal problème du monde du disque aujourd’hui, cette multiplication de l’offre qui fait que chaque semaine, on nous balance le nouvel artiste du moment, la future grande révélation. Les gens téléchargent, écoutent et n’ont pas le temps de vraiment apprécier. Ce sont des artistes kleenex qui s’écoutent une fois et se jettent après. Pas étonnant, ensuite, que les consommateurs n’achètent plus de disques: le chanteur qu’ils ont aimé il y a une semaine a été remplacé dans leur esprit par le nouvel étalon d’une autre maison de disque.

 

 

Pour ma part, je considère donc que la cause de la crise n’est pas le téléchargement illégal qui n’est que la conséquence du prix trop élevé des disques. Non, le vrai responsable est l’industrie du disque elle-même. D’ailleurs, cette appelation me semble révélatrice, c’est une “industrie”. Dans le bon vieux temps, que je me mets à regretter, même si je suis tout jeune, ce n’était pas une industrie, c’était un plaisir. Aujourd’hui, l’argent a remplacé tout ça: il faut en gagner un point, c’est tout. Apporter du plaisir aux clients d’une maison de disque est secondaire; non, ce qu’il faut, c’est faire des disques qui se vendront, quitte à prendre les consommateurs pour des idiots. C’est ça qui a changé, c’est ça qui fait que les gens n’achètent plus de disques, puisque ce qu’ils veulent, c’est écouter de bonnes chansons et non pas payer pour. Je suis donc d’avis de retourner à l’essentiel: le plaisir. Qu’on nous donne des artistes pas mauvais, qu’on les paye comme on veut, qu’ils puissent vivre avec ça et qu’on nous fiche la paix.

En effet, au final, de quel droit des artistes devraient être riches à millions? Parce qu’ils chantent bien? Mon Dieu, ils méritent d’être millionnaires à cause de leurs belles voix? Et, puis, de quel droit définit-on que c’est une belle voix? Ouais, c’est quoi le Beau? (J’ai l’impression de repasser le Bac de philo). Non, si je demande, c’est que moi, bête comme je suis, je trouve qu’un ébéniste qui fait un meuble est aussi un artiste et, pourtant, il n’est pas millionnaire. Je trouve même que le simple ouvrier qui a façonné une quelconque pièce en aluminium a fait quelque chose de beau et, dans le même temps, le type est Smicard. Par ailleurs, est-ce vraiment plus épuisant de faire un album que de travailler dans une usine ? A-t-on plus de responsabilités quand on est artiste que quand on a une famille à nourrir ? A ces questions, je dis NON et NON.

 

Alors, soit on payé tout le monde autant que les artistes millionnaires (Parce qu’en fait, ce que chaque être humain fait est beau); soit on remonte le temps et on traite la chanteuse de base comme une troubadour et on lui file juste de quoi bouffer, étant donné qu’elle ne mérite pas vraiment plus que cela.

 

 

 

 

 

PS: J’avoue que je me suis focalisé sur l’industrie du disque. C’est ce que je connais le mieux. Néanmoins, il est certain que les raisonnements (Idiots) que je développe ne peuvent pas être appliqués à tous les domaines de la production culturelle.

 

 

 

PPS: Deuxième aveu, à mes lecteurs du Modem: J’ai été adhérent de l’UDF il y a de cela quelques années, alors vous avez le droit de me vénérer.

 

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