19.10.2009

On m'a menti à l'insu de mon plein gré

- Scully, j'ai trouvé une affaire incroyable!

- Quoi encore, Mulder? Un nez pote? Un chevelu diabolique? Un gros tas de judoka qui devient député alors qu'il n'a absolument aucune compétence et qu'il transpire à tel point que par rapport à Brice Hortefeux, ce dernier est aussi sec que le sable du Sahara?

- Non, pire que ça! Regarde ce journal: "140 milliards de bonus pour la traders Américains".

- Mulder, arrête de déconner, on sait tous que les bonus ont été rationnalisés! Que la pratique dans les banques a changé! Tout le monde l'a dit!

- C'est ce que je croyais aussi, Scully, mais il s'avère que tout cela est faux! En recherchant plus en détails, j'ai aussi trouvé cet article sur Internet "Les banques françaises remboursent l'Etat français".

- Et alors?

- Dans cet article, ils disent que les banques ont remboursé pour redonner des primes comme avant!

- Mulder, je n'y crois pas deux secondes! Tout le monde a dit que tout avait changé. Nicolas Sarkozy a bien dit que les primes, c'était terminé, que les banques allaient devenir responsables, que tout le capitalisme avait évolué! C'est la fin de l'impunité, la vie est belle, dans le meilleur des mondes!

- Scully, on nous a pris pour des burnes! On nous a menti! Les banques recommencent comme avant, ils donnent des primes comme avant et se moquent de nous comme avant. Tout ça, c'était du vent. On nous a dit que les choses avaient changé, parce qu'il fallait bien trouver des coupables pour la crise. Mais, en fait, comme tout le système est coupable et qu'on ne peut rien y changer, tout recommence et on va encore avoir mal au derche, comme avant!

- Baaaah, Mulder, je n'y crois pas deux secondes. C'est encore un de tes délires!

- Si tu veux, Scully, mais je sais que j'ai raison. Mais si tu veux, on peut parler d'une autre affaire...

- Laquelle?

- Une affaires sur Nicolas Sarkozy: j'ai appris que ce serait une réincarnation de Louis XIV...

- Mouais, ça pourrait expliquer pas mal de choses. Quoi d'autre?

- Rien d'autre...Ah si, un truc à propos de Ségolène Royal...Sa colonne vertébrale serait en fait un balai qui lui descendrait jusque dans le postérieur...

- Ah, ça, par contre, c'est crédible. Aussi coincée qu'elle est...

29.09.2008

Pendons-les haut et court!

Est-ce que vous sentez cette odeur âcre qui remplit l’air dès qu’un responsable politique s’exprime sur la crise financière ? C’est l’odeur des bûchers qu’on a commencé à faire flamber pour rôtir les dirigeants des banques qui sont en train de faire faillite.

 

 

 

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L’heure est à la chasse aux soricères. Il faut coûte que coûte trouver des responsables à la crise qui est en train de sévir et qui risque de laisser l’économie sur les genoux. Quand Nicolas Sarkozy s’exprime à ce propos, il demande que les responsables soient punis. Quand les démocrates approuvent le plan de 700 milliards pour sauver les banques américaines, c’est à la condition qu’on attrape les responsables des banques et qu’on limite leurs privilèges. Quand on interroge le quidam de base, le coupable de la crise est forcément un dirigeant d’une grande banque.

 

 

 

 

 

Certes il est indéniable qu’il faut changer les choses à ce niveau, mais est-ce que trouver des coupables est la première chose à faire ? Je dirais que non. D’ailleurs, pourquoi faut-il absolument des coupables ? Tout d’abord, c’est pour que les rancoeurs populaires puissent s’exprimer et être assouvies. S’il y a une crise financière, c’est forcément de la faute de ces personnes. Clouer au pilori quelques personnes devraient permettre de calmer les tensions. Ils sont coupables, mais de quoi ? Attendez, nous allons vous dire de quoi ! La soif de vengeance est une chose propre à notre société actuelle et c’est une des raisons qui motivent cette traque. Et puis, c’est surtout que montrer du doigt quelques grands dirigeants empêchent qu’on se pose de vraies questions. Ce n’est pas le système capitaliste qui est défaillant, ce sont ces quelques personnes qui ont tout détruit. Donc, au lieu de se dire qu’il faut réformer, voir le capitalisme d’une autre manière, on se contente de punir quelques boucs-émissaires. Je n’en mettrais pas ma main à couper, mais, à part supprimer les golden parachutes et taper sur les doigts de deux ou trois grands patrons, il n’y aura pas beaucoup plus de changements.

 

 

 

 

 

Peut-on dire que ce sont les dirigeants des grandes banques qui sont coupables ?

 

 

 

Oui, ils ont des rémunérations exorbitantes.

 

 

 

Oui, ils ont des golden parachutes qu’ils ne mériteraient pas d’avoir.

 

 

 

Mais, tout cela n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan. Qu’est-ce que quelques centaines de millions de dollars au vu des profits engrengés, avant la crise ? Pas grand-chose. La réthorique de Nicolas Sarkozy est d’ailleurs tout à fait retournable à ce propos. Il déclarait, la semaine dernière, que lorsque tout va bien, les patrons sont là et que, quand tout va mal, on se tourne vers l’Etat. Mais, de la même manière, quand tout va bien, qui vient emmerder les grands patrons sur leurs rémunérations ? Personne. S’il n’y avait pas eu de crise, il n’y aurait pas eu de cris de vierge effarouchée concernant les golden parachutes et les rémunérations pharaoniques de ces patrons millionaires. Tout le monde aurait trouvé ça NORMAL ou n’aurait rien à y redire. « Ils sont payés des millions, mais, après tout, ils font gagner de l’argent à tout le monde ».

 

 

 

En aucune façon, ce sont ces rémunérations et compagnie qui ont coulé les banques.

 

 

 

 

 

Et donc, si on ne prend pas tout ce que disent les responsables politiques comme paroles saintes, il faut se demander qui est réellement à l’origine de la crise.

 

 

 

 

Tout d’abord, il y a la question des subprimes, puisque c’est ça qui a tout déclenché au départ. Qui est responsable dans cette affaire ? A priori, ce sont les banques qui voyaient une opportunité de se faire du profit en prêtant de l’argent à des gens qui semblaient peu solvables jusque là. Mais, étant donné que c’est l’ensemble des banques qui a usé des subprimes, peut-on accuser les dirigeants des seules banques qui ont fait faillite ? Je dirais que non, puisque c’est l’intégralité du système bancaire qui a joué à ce jeu et s’est brûlé les doigts. Les banques sont donc coupables de quelque chose, mais il en est de même pour le secteur immobilier, qui a continué à proposer de l’offre. Et, même si c’est dramatique pour eux, les personnes qui ont contracté des crédits « subprimes » ont également une part de responsabilités. Aujourd’hui, une personne surendettée qui se retrouve à ne plus pouvoir rembourser ses crédits est considérée comme coupable, et aucunement les institutions de crédit. Je sais, c'est cynique et j’approuve moi-même qu’à moitié ce que je viens de dire.

 

 

 

 

Toutefois, il faut se rendre également compte qu’à l’heure actuelle, la crise financière n’est plus causée par les subprimes. Il s’agissait du point d’origine, mais, aujourd’hui, si la crise perdure, c’est à cause de raisons différentes.

 

 

 

 

La première de ces raisons est que les banques ont cessé les prêts inter-bancaires. Oui, il faut le savoir, les banques se prêtent de l’argent entre elles. Ce sont souvent les banques d’investissement qui contractent des prêts pour faire ce pour quoi elles existent. Mais, sans ces prêts, certaines banques ne disposent plus de liquidités suffisantes. Alors, en plus, si on ajoute les subprimes qui ont coûté beaucoup d’argent à certaines banques, le manque de liquidités se généralise et de plus en plus de banques font faillite. C’est à quoi va servir le plan américain de 700 milliards, à racheter les créances « pourries » et, donc, à injecter de nouvelles liquidités dans le système bancaire.

 

 

 

 

 

Si la crise perdure et va perdurer, c’est aussi à cause des baisses des cours des différentes places boursières mondiales. Si la banque belge Fortis a été nationalisé à 49%, c’est parce qu’elle était en faillite, non pas parce qu’elle avait contracté des subprimes, non pas parce qu’elle manquait de liquidités (Enfin, si un peu), mais, avant tout parce que sa valeur boursière avait dégringolé dramatiquement. J’avoue ne pas être un spécialiste des bourses et autres cotations, mais il me semble fortement inquiétant qu’une banque aussi importante que Fortis fasse faillite uniquement pour cette raison.

 

 

 

 

 

Alors, rechercher les coupables, c’est bien, mais c’est de la poudre aux yeux. Il n’y a pas de responsable, puisque c’est tout le système qui est malade. Certains croient encore que le système capitaliste s’auto-régule. Bon, d’une certaine manière, ce n’est pas faux : quand il y a une anomalie, il y a une crise et l’anomalie est supprimée...En fait, la suppression équivaut à une faillite et donc à des chômeurs. Le système s’auto-régule donc, mais il le fait d’une manière totalement inhumaine. En 1929, le système capitaliste s’est purgé de la spéculation et des valeurs boursières trop élevées par rapport à la réalité des entreprises. En entendant, il y a des gens qui sont morts de faim en 1929...